Les mots du jour

Les mots du jour - Oser prendre

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Oser prendre


Oser prendre


Oser prendre se fait lorsqu'oser se donner a été bien intégré.

Se donner la douceur des petits plaisirs enfantins.

Se donner surtout le temps nécessaire pour goûter cet espace non définissable en soi, à l'intérieur des contours du corps, puis à l'extérieur.

Comme une sensation d'éternité en soi reconnue, même si ça reste une idée à lâcher en temps venu.

Se donner la possibilité, telle une bonne mère, de laisser aller les histoires accrochées, les émotions qui veulent durer, les scénarios qui mettent indéfiniment en scène la dualité : soi et l'autre.

Pas à pas se donner cette tendresse, cette reconnaissance, cette compréhension de ce qui s'agite, de ce qui veut exister, de ce qui veut la première place et qui gigote dans l'ombre de la mémoire corporelle ou à travers des pensées récalcitrantes.

Se donner, s'est savoir se dire OUI, ce qui passe par savoir dire NON à ce qui empêcherai ça.

Lorsque l'égo a été bien nourri, satisfait de cette compassion qu'on peut se donner, le vrai sens du pouvoir semble se lever, et avec lui, l'énergie de conquête de Soi.


Oser prendre ce qui est, sans état d'âme pour les « petits » en soi, car on a cessé de les croire, et ils ont lâché leurs tensions, leurs demandes crissantes de reconnaissance.


Reste la possibilité infini de se prendre ...

Conquête non agressive, passionnée peut-être.


Oser se prendre peut sembler incongrue pour qui s'évertue à se montrer bon sous tous les angles, où peut s'interpréter comme une issue de plus à qui en veut toujours plus, telle une course en avant qui camoufle bien souvent la peur de ne pas être vu.

Mais là, on en reste sur le plan de l'avidité de la personne.


Une fois que l'idée d'être une personne s'est effritée, oser prendre a une autre dimension.


«  Le bonheur ne se mérite pas, il se prend. » André Moreau

Simple ça l'est, mais bien compliqué à oser ...


Souvent les femmes ( les hommes aussi) ont du mal avec les mots : conquête, pouvoir, prendre, autorité... davantage en lien avec l'énergie « père » en soi.

Ça demande du travail, du temps, de la disponibilité pour que se distancent les accroches des idées patriarcales, et matriarcales, ainsi que l'idée de la souffrance justifiant l'éloignement envers ce bon en soi, ce bonheur, cette aide, ce « je ne sais pas », présent à prendre ...


Cet autre plan, celui de l'innommable, se goûte, se savoure à force de désidentification de toutes ces histoires ( mais autant faut il déjà les reconnaître vraiment ).

Se prendre, se fusionner, se vivre.

Il n'y a plus l'idée de la séparation dans oser prendre, personne ne prend, personne n'est pris... c'est une sensation énergétique...

Il n'y a que soi, et la personne (ou le personnage, pour moi c'est la même chose) continue son petit bonhomme de chemin avec ses défauts, ses qualités, ses émotions, ses habitudes inoffensives.


La volonté de conquête est humaine, elle se manifeste d'une façon personnelle tantôt d'une façon destructrice, tantôt dans le désir de changer l'autre et le monde.

Conquête du bien ou du mal, mieux vaut la conquête du bien, mais à un moment on réalise que le changement voulu reste étriqué dans sa réalisation et que ce bien tant voulu est souvent écarté en soi, par peur de l'énergie de puissance à intégrer, une fois apprivoisée.

Ce changement est là, disponible totalement, en soi.

Se donner cette possibilité, patiemment, et oser prendre cette perfection, qui correspond davantage à une approbation, une reconnaissance, une reconnection .


Sandra

le 8/09/2015